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Culpabilité du menteur: Ce que ressent le menteur lorsqu’il ment

Culpabilité du menteur: Ce que ressent le menteur lorsqu’il ment

Ce terme désigne le sentiment de culpabilité éprouvé lorsque l’on ment, et non la culpabilité au sens légal. La culpabilité du menteur (ou culpabilité de tromperie) doit également être distinguée du sentiment de culpabilité concernant le contenu d’un mensonge.

Tout comme la peur d’être démasqué, la culpabilité du menteur devient une torture qui sape l’estime de soi du menteur. Le désir de se soulager de cette culpabilité peut motiver des aveux, malgré la probabilité du châtiment pour les méfaits avoués.

 La culpabilité du menteur éprouvée lors du mensonge

Quand l’individu prend la décision de mentir, il ne prévoit pas toujours avec justesse les souffrances que provoquera la culpabilité de tromperie. Le menteur ne se rend pas toujours compte du choc qu’il subira quand sa victime le remerciera de sa prétendue sollicitude, ou qu’il verra quelqu’un d’autre accusé de son méfait. Si de telles scènes suscitent typiquement la culpabilité, pour d’autres individus, c’est ce qui donne tout le sel à un mensonge.

Il y a une autre raison pour laquelle le menteur sous-estime la culpabilité de tromperie qu’il éprouvera: c’est seulement à mesure que le temps passe qu’il peut s’apercevoir qu’un seul mensonge ne suffit pas, qu’il doit le réitérer constamment et souvent l’enjoliver d’autres mensonges afin de préserver la tromperie originelle.

La honte est un sentiment proche de la culpabilité, mais avec une différence qualitative clé. Pour être éprouvée, la culpabilité n’a pas besoin d’un “public”, il n’est pas nécessaire qu’un tiers soit au courant, car celui qui se sent coupable est son propre juge. Il n’en est pas de même pour la honte. L’humiliation de la honte nécessite la réprobation ou la moquerie de tiers.

Si personne n’apprend le méfait, il n’y aura pas de honte, mais il peut y avoir encore de la culpabilité. Bien sûr, il peut y avoir les deux.

La distinction entre honte et culpabilité est donc très importante, puisque ces deux émotions peuvent déchirer un individu: le besoin de soulager sa culpabilité peut motiver un aveu, alors que le désir d’éviter l’humiliation de la honte peut le retenir.

Certains individus sont particulièrement sensibles à la honte du mensonge et à la culpabilité de tromperie. Il s’agit par exemple de ceux qui ont eu une éducation très stricte selon laquelle mentir est l’un des péchés les plus graves. Pour d’autres, l’éducation n’a pas condamné particulièrement le mensonge, mais instillé des sentiments de culpabilité prononcés. Ces individus semblent rechercher des situations dans lesquelles ils peuvent renforcer leur culpabilité et s’exposer sans honte devant autrui.

Malheureusement, peu d’études ont été consacrées aux individus sensibles à la culpabilité. Mais nous en savons sur leurs contraires.

L’incapacité de se sentir coupable ou honteux de ses méfaits est considérée comme la marque de l’individu psychopathe, si cette absence de culpabilité ou de honte envahit tous les aspects de sa vie ou presque. Les experts sont partagés sur la cause de cette absence: est-elle due à l’éducation ou à des facteurs biologiques? Mais tous conviennent que ni la culpabilité éprouvée pour un mensonge ni la peur d’être démasqué n’amènent un psychopathe à commettre des erreurs quand il ment.

Quand le menteur ne partage pas de valeurs sociales avec sa victime, il éprouve peu de culpabilité de tromperie. L’individu se sent moins coupable de mentir à quelqu’un qu’il considère négativement.

Un mari infidèle dont l’épouse est froide et se refuse à lui se sentira moins coupable d’avoir une liaison. Un révolutionnaire ou un terroriste se sent rarement coupable de tromper les représentants de l’Etat. Un espion n’a aucun scrupule à tromper sa victime. Il n’y a pas de valeurs communes, le menteur fait le bien pour sa partie.

Mentir est autorisé dans la plupart de ces exemples, chacun de ces individus invoque une norme sociale bien définie qui légitime de tromper un adversaire. Il y a peu de culpabilité quand les cibles appartiennent à un autre camp et ont des valeurs différentes. Il peut également être autorisé à tromper des cibles qui ne sont pas des adversaires et qui partagent des valeurs avec le menteur.

Un médecin peut ne pas éprouver la culpabilité du menteur quand il ment à un patient s’il estime que c’est pour le bien de ce dernier. Administrer à un patient un placebo est une tromperie médicale aussi ancienne que respectée. Si le patient se sent mieux, ou du moins s’il cesse de réclamer au médecin un remède non nécessaire qui pourrait même lui nuire, beaucoup de médecins estiment que le mensonge est justifié. Le serment d’Hippocrate n’exige pas l’honnêteté avec le patient. Le médecin est censé faire ce qui aide le patient.

Pourtant, si l’utilisation du placebo soulage 30 à 40% des patients, certains chercheurs et philosophes médicaux estiment que cette pratique compromet la confiance nécessaire dans la relation médecin-patient et laisse le champ libre à des tromperies plus dangereuses.

Le prêtre qui dissimule la confession d’un criminel quand la police l’interroge ne devrait pas éprouver la culpabilité du menteur. Ses vœux autorisent cette dissimulation, il n’en tire aucun bénéfice, c’est le criminel qui en bénéficie, son identité restant tue.

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Il arrive que le menteur ne s’aperçoive ni d’admettre qu’il tire souvent lui-même un bénéfice d’une tromperie présentée comme altruiste.

Dire la vérité peut être ignoble quand elle touche l’ego d’un tiers. Par exemple, le président d’une compagnie peut avoir des difficulté à dire à un candidat qu’il ne sera jamais membre du conseil d’administration. L’amour propre du candidat est indemne, mais le vice président n’a pas souffert non plus: il peut se révéler difficile d’affronter la déception du candidat, voire ses protestations, surtout s’il estime le vice-président responsable de la décision négative.

Le mensonge les épargne tous les deux. On pourrait bien sûr arguer que le candidat est lésé par le mensonge, privé de l’information qui, bien que déplaisante, pourrait lui permettre d’améliorer sa performance ou de chercher ailleurs un emploi.

De la même manière, on peut arguer que le médecin qui administre un placebo, tout en étant altruiste, bénéficie aussi du mensonge. Il n’a pas à affronter la frustration ou la déception du patient en lui apprenant qu’il n’y a pas de remède à sa maladie, ni la colère du patient si celui-ci apprend que le médecin lui a administré un placebo parce qu’il le juge hypocondriaque. Là encore, savoir si le mensonge bénéficie au patient ou le lèse est sujet à débat.

Cependant, il existe des mensonges totalement altruistes où le menteur ne tire aucun bénéfice: le prêtre qui dissimule la confession d’un criminel, les sauveteurs qui n’annoncent pas à un enfant que ses parents sont morts dans l’accident d’avion. Si un menteur pense qu’il ne gagne rien à son mensonge, il n’éprouvera probablement aucune culpabilité de tromperie.

Même les tromperies égoïstes peuvent ne pas susciter de culpabilité de tromperie quand le mensonge est autorisé. Les joueurs de poker n’en éprouvent aucune quand ils bluffent. Il en est de même du marchandage, que ce soit dans un bazar du Moyen-Orient, à Wall Street ou dans un agence immobilière.

Le mensonge le plus fameux de tous est sans doute: “C’est ma dernière offre”. Dans le monde des affaires, une telle phrase est non seulement acceptée, mais attendue. Durant les négociations collectives, par exemple, personne n’est censé mettre toutes ces cartes sur la table dès le début.

Le propriétaire qui demande plus pour sa maison que ce qu’il accepterait de la vendre ne se sent pas coupable s’il obtient le prix demandé. Son mensonge est autorisé.

Comme les participants s’attendent à recevoir des informations fausse et non la vérité, le marchandage et le poker n’entrent pas dans la définition du mensonge. De par leur nature, ces situations comportent l’avertissement préalable que personne ne dira la vérité.

Seul un imprudent montre sa main au poker ou demande le prix le plus bas qui puisse accepter lorsqu’il met sa maison en vente.

La culpabilité du menteur est la plus probable quand mentir n’est pas autorisé. Elle devrait être la plus prononcée lorsque la cible est confiante et ne s’attend pas à être dupée parce que l’honnêteté est autorisée entre un menteur et sa cible.

Dans ces duperies opportunistes, la culpabilité du menteur sera plus grande si la perte de la cible est au moins égale au gain du menteur. Même dans ce cas, il y aura peu (ou pas) de culpabilité, sauf si le menteur et la cible partagent certaines valeurs.

L’adolescent qui dissimule à ses parents sa consommation de marijuana n’éprouvera peut-être pas de culpabilité du menteur s’il estime que ses parents ont tort de croire que la drogue est dangereuse et s’il croit savoir d’expérience que leur jugement est généralement faussé.

S’il estime en plus qu’ils sont hypocrites en consommant de l’alcool et en lui interdisant l’usage d’une autre drogue récréative, il aura encore moins de probabilité d’éprouver de la culpabilité. Même s’il n’est pas d’accord avec ses parents sur la marijuana et d’autres questions, s’il a encore pour eux de l’attachement et de l’affection, il peut éprouver de la honte s’ils découvrent son mensonge.

La honte nécessite le respect de ceux qui réprouvent; faute de quoi, la réprobation n’apporte que colère et mépris, et non la honte. Le menteur se sent moins coupable quand la cible est impersonnelle ou totalement anonyme.

Une cliente qui dissimule dans un magasin une erreur de caisse en sa faveur se sentira moins coupable si elle ne connait pas le caissier. Si celui-ci est le propriétaire ou un membre de sa famille, s’il s’agit d’une petite boutique familiale, la cliente menteuse se sentira plus coupable que si elle se trouvait dans un grand magasin.

Si la cible est anonyme, il est plus facile de diminuer sa culpabilité en s’imaginant que la cible n’est pas vraiment lésée, s’en moque, ne remarquera même pas le mensonge ou même mérite d’être lésée ou le désire.

Il y a souvent une relation inverse entre la culpabilité du menteur et l’appréhension de détection. Ce qui diminue la culpabilité à propos du mensonge augmente la crainte d’être démasqué.

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L’employeur qui ment à l’employé qu’il soupçonne de détourner de l’argent en dissimulant ses soupçons pour le prendre en flagrant délit à une forte probabilité d’éprouver une appréhension de détection élevée mais une faible culpabilité de détection.

Les facteurs mêmes qui augmentent la culpabilité du menteur peuvent également diminuer l’appréhension de détection. Un menteur peut se sentir coupable de tromper une cible confiante, mais il aura moins peur d’être démasqué par quelqu’un qui ne s’attend pas à être exploité.

Bien sûr, il est possible pour un individu de se sentir à la fois très coupable de mentir et très effrayé d’être démasqué, ou au contraire très peu. Tout dépend des particularités de la situation, du menteur et du détecteur.

La motivation de certains individus à mentir peut même parfois être partiellement le désir d’éprouver de la culpabilité. Cependant, la plupart des gens trouvent la culpabilité su déplaisante qu’ils cherchent plutôt à la diminuer.

Il existe de nombreuses manières de justifier la tromperie. Elle peut être considérée comme la réparation d’une injustice. On peut considérer qu’une cible malveillante ou méchante ne mérite pas qu’on soit honnête avec elle. “Comme le patron est tellement avare et qu’il ne m’a pas récompensé de tout le travail que j’ai fait, je me suis servi tout seul”.

La victime peut être vue comme si naïve que le menteur considère que la faute revient à elle et non à lui. Une cible facile ne demande qu’à être touchée.

Nous avons mentionné plus haut deux autres justifications du mensonge qui diminuent la culpabilité du menteur.

D’abord, un objectif noble ou une exigence de la fonction: Une personne peut refuser de qualifier ses contrevérités de mensonges parce qu’elles étaient selon elle nécessaires pour remporter ou conserver quelque chose.

L’autre justification est la protection de la cible: Parfois, le menteur va jusqu’à prétendre que la cible était consentante. Si la cible à coopéré au mensonge, si elle connaissait la vérité depuis le début mais prétendait le contraire, dès lors, dans un sens, il n’y a pas de mensonge et le menteur est déchargé de toute responsabilité.

Une cible réellement consentante aide le menteur à entretenir la tromperie en ne remarquant pas les signes qui trahissent le mensonge. Bien sûr, une cible non consentante essaiera, si elle est soupçonneuse, de découvrir la tromperie.

Une cible consentante qui tire profit d’un mensonge peut aider le menteur à exécuter la tromperie. Certains peuvent coopérer avec un mensonge pour des raisons moins malveillantes. En matière de politesse, la cible de la tromperie est souvent consentante. L’hôtesse accepte sans chercher à creuser l’excuse d’un invité qui s’éclipse un peu tôt. L’important est l’absence d’affront, prétendument pour épargner l’amour-propre de l’hôtesse.

Comme la cible non seulement est consentante mais l’a en un sens exprimé, les contrevérités exigées par l’étiquette de la politesse n’entrent pas dans ma définition du mensonge.

L’amour est un autre exemple de tromperie bénigne, dans laquelle la cible accepte d’être trompée, les deux parties collaborant afin d’entretenir mutuellement leurs mensonges. Bien sûr, les tromperies amoureuses ne sont pas toutes aussi bénignes et les cibles ne sont pas toutes consentantes. Ce n’est pas au menteur qu’il faut se fier pour savoir si sa cible est ou non consentante.

Il a tendance à la juger consentante parce que cela atténue sa culpabilité. S’il peut amener sa cible à admettre qu’elle est soupçonneuse, il est au moins en partie déchargé.

Une cible d’abord non consentante peut le devenir au bout d’un certain temps afin d’éviter le coût de la découverte de la tromperie.

Imaginez la pénible situation d’un membre d’un gouvernement qui commence à soupçonner que la maîtresse à laquelle il fournit des informations sur son travail est une espionne. De la même manière, un recruteur peut devenir la victime consentante d’un candidat menteur, une fois que celui-ci a été embauché, plutôt que de devoir reconnaître une erreur de jugement.

Pour résumer sur la culpabilité du menteur

Pour résumer, la culpabilité du menteur est plus intense quand:

– La cible n’est pas consentante.

– La tromperie est totalement égoïste, la cible ne tire aucun bénéficie du mensonge et perd au moins l’équivalent de ce que le menteur gagne.

– La tromperie n’est pas autorisée à la situation fait partie de celles où l’honnêteté est permise.

– Le menteur n’a pas pratiqué la tromperie depuis longtemps.

– Le menteur et la cible ont des valeurs sociales communes.

– Le menteur a un lien personnel avec la cible.

– La cible ne peut pas être facilement taxée de malveillance ou de naïveté.

– Il y a des raisons pour que la cible s’attende à être trompée; tout au contraire, le menteur a agi pour gagner sa confiance.

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A bientôt.

 

 

 

 

 

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