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Qu’est ce que le langage corporel? Tout ce que vous devez savoir

Qu’est ce que le langage corporel? Tout ce que vous devez savoir

Cette faculté de décodé le langage corporel, les émotions et les pensées d’autrui à partir de leur comportement, nous vient du seul mode d’échange qui existait entre les humains avant l’élaboration du langage et de la parole.

Avant l’invention de la radio, l’essentiel de la communication passait par les livres, les lettres et les journaux, ce qui explique pourquoi des hommes politiques aussi peu gâtés qu’Abraham Lincold par leur physique que par leur élocution ont réussi de brillantes carrières grâce à leurs qualités d’écrivains.

L’avènement TSF assura le succès de ceux qui, comme Winston Chirchill, maîtrisaient l’usage du verbe à merveille, mais qui auraient peut-être rencontré des difficultés en s’exposant aux caméras de télévision.

Tous les hommes politiques d’aujourd’hui ont compris que le succès est affaire d’image et d’apparence. Les plus en vue se font conseiller par des spécialistes du langage corporel, qui leur apprennent à mimer la sincérité, la bienveillance et l’honnêteté, qualités qu’ils ne possèdent pas toujours.

Il peut paraître incroyable, compte tenu de la longue évolution (plusieurs centaines de milliers d’années) de l’espèce humaine, que le langage corporel n’ait fait l’objet d’aucune étude scientifique avant les années 1960. La majorité des humains sont encore persuadés que la parole est le principal moyen de communication.

Or le langage ne fait partie du répertoire de communication humain que depuis une période relativement récente, et sa fonction consiste essentiellement à véhiculer des faits et des informations. On estime que la parole a commencé à se développer chez l’homme au plus tôt il y a deux millions d’années et au plus tard cinq cent mille ans, une période au cours de laquelle le cerveau humain a triplé de volume.

Auparavant, les émotions et les sentiments s’exprimaient essentiellement par le langage corporel et l’émission de sons gutturaux. C’est toujours le cas de nos jours. Mais comme notre attention se concentre sur les paroles des autres, nous restons majoritairement très mal informés sur le langage corporel et, a fortiori, sur la place qu’il occupe dans notre vie.

Et pourtant le langage parlé est extrêmement riche en évocation de la communication non verbale. Contentons-nous de citer ici quelques expressions d’usage courant:

“Épauler quelqu’un. Ne pas sourciller. Garder la tête haute. Lever les bras au ciel. Prendre un problème à bras-le-corps. Ramper devant quelqu’un. Courber l’échine. Se jeter tête baissée. Se voiler la face. Rester les bras croisés. Jouer des coudes. Accueillir à bras ouverts. Faire des pieds et des mains. Montrer les dents. Ouvrir les yeux ronds. Tourner les talons. Baisser les bras.”

Au commencement

Charlie Chaplin et les acteurs du cinéma muet étaient de grands maîtres du langage corporel, leur unique outil d’expression à l’écran. Le public évaluait leur talent à l’aune de leur habilité à communiquer leurs émotions par des gestes et des signaux corporels.

Après l’avènement du cinéma parlant, les qualités verbales de l’interprétation prirent progressivement le dessus, et nombreux furent les acteurs du muet qui sombrèrent dans l’oubli. Seuls survécurent ceux qui savaient allier les deux langages.

C’est Charles Darwin qui inaugura les études scientifiques sur le langage corporel en 1872, avec “L’expression des émotions chez les hommes et les animaux”. L’ouvrage ne toucha qu’un public limité d’universitaires, mais il marqua le début des recherches modernes sur les expressions faciales et corporelles. Depuis le travail de Darwin, les chercheurs ont répertorié près d’un million de signes et de signaux non verbaux.

Albert Mehrabian, l’un des précurseurs de cette discipline, a montré dans les années 1950 que l’impact total d’un message n’est verbal (mots seuls) qu’à 7%, qu’il est vocal à 38% (ton, inflexion de la voix et sons annexes), et qu’il est non verbal à 55%. Même si ces chiffres ont été remis en question à plusieurs reprises (car il est compliqué de donné un pourcentage exact), ce qu’il faut retenir c’est que le non verbal représente dans tous les cas la majorité de notre communication.

C’est l’anthropologue Ray Birdwhistell qui baptisa de “cinétique” l’étude de la communication non verbale. Il procéda à des estimations similaires à celles d’Albert Mehrabian sur le nombre de signes non verbaux qu’échangent les être humains. Il aboutit à la conclusion que nous parlons en moyenne 10 à 12 minutes par jour, et que nos phrases types durent environ deux secondes et demie. Il recensa également 250 000 expressions faciales reconnaissables.

Dans le sillage de Mehrabian, Birdwhistell révéla que la parole ne compte que pour 35% dans une conversation en tête à tête, et que la composante non verbale dépasse les 65%.

Dans les années 1970 et 1980, des milliers de négociations commerciales ont été analysé par des chercheurs. Les résultats on fait apparaître que le langage corporel entrait pour 60% à 80% dans l’impact des entretiens d’affaires, et que le même pourcentage de l’opinion que l’on se fait d’une personne nouvelle s’y forme en moins de quatre minutes.

Les résultats de cette étude montrent ainsi que, si au cours d’une négociation au téléphone, c’est la personne disposant du meilleur argument qui l’emporte, ce n’est pas le cas dans les entretiens en face à face: nous sommes plus influencés par ce que nous voyons que par ce que nous entendons.

Ce n’est pas tant ce qu’on dit…

Même si ce n’est pas socialement très correct, lorsque nous rencontrons quelqu’un pour la première fois, nous jaugeons en un clin d’œil sa gentillesse, sa capacité de domination ou son potentiel en tant que partenaire sexuel. Et ce ne sont pas ses yeux que nous regardons en premier.

La plupart des spécialistes s’accordent maintenant à dire que la parole nous sert essentiellement à véhiculer des informations, tandis que les relations interpersonnelles s’établissent au moyen du langage corporel qui, dans certains cas, se substitue au message verbal. Une femme peut, par exemple, transmettre à un homme un message très clair en lui lançant un regard séducteur, et sans ouvrir la bouche.

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Si l’on excepte les différences culturelles, l’association entre gestes et paroles est presque parfaitement prévisible, et Birdwhistell soutenait qu’une personne bien entraînée était capable de deviner les gestes d’une autre, rien qu’en entendant ce qu’elle disait. Il avait lui-même appris à déduire les paroles d’un individu à partir de ses gestes.

Il est difficile pour bien des gens d’accepter que les humains soient des animaux sur le plan biologique. Nous appartenons à une espèce de primates (Homo sapiens), un singe qui avait appris à marcher sur deux pattes et dont le cerveau était très développé.

Comme toutes les autres espèces animales, nous sommes soumis à des règles biologiques, qui régissent nos actions, nos réactions, notre gestuelle et notre langage corporel. Le plus fascinant, c’est que l’homme n’a que rarement conscience que ses postures, ses mouvements et ses gestes puissent signifier autre chose que ce que dit sa voix.

Le langage corporel révèle les émotions et les pensées

Le langage corporel est le reflet extérieur de l’état émotionnel d’un individu. Chacun de ses mouvements ou de ses gestes peut traduire très fidèlement ce qu’il ressent à un moment donné. Par exemple, un homme gêné par son surpoids tire souvent sur le repli de peau qui s’est formé sous son menton, tandis qu’une femme qui trouve ses cuisses trop grosses a tendance à lisser sa jupe ou sa robe.

Une personne craintive ou sur la défensive croise volontiers les bras ou/et les jambes. Et un homme qui s’adresse à une femme dotée d’une poitrine généreuse essaie consciemment d’éviter de regarder ses seins, alors que ses mains peuvent se montrer dans le même temps inconsciemment baladeuses.

Décrypter le langage corporel consiste à deviner l’état émotionnel d’une personne à ses gestes, tout en l’écoutant et en tenant compte des circonstances qui environnent son discours. Cette compétence permet de séparer les faits de la fiction, et la réalité de l’imaginaire. L’homme moderne est encore obsédé par la parole; et l’éloquence garde un prestige considérable.

Mais nous sommes, pour la plupart, étonnamment peu au fait des signaux corporels et de leur impact, alors qu’on connait maintenant leur rôle essentiel dans la transmission d’un message.

Inné, génétique ou culturel?

Lorsque vous croisez les bras sur la poitrine, est-ce le gauche ou le droit qui passe au-dessus de l’autre? Il est difficile de répondre à cette question sans faire le geste. Croisez les bras. Et inversez immédiatement la position de vos bras. La première posture vous parait confortable, et la seconde ne vous est pas du tout naturelle. Il y a de fortes chances qu’il s’agisse là d’un trait génétique que vous ne pouvez pas changer.

Nombreuses sont les recherches et enquêtes qui se sont penchées sur l’origine des signaux non verbaux: sont-ils innés, génétiques ou acquis? Des test ont été effectués à l’échelle internationale sur des aveugles de naissance (qui ne pouvaient les avoir acquis par imitation) issus de cultures différentes, ainsi que sur des singes, nos plus proches parents dans le règne animal.

Sept personnes sur dix croisent le bras gauche au-dessus du droit.

Les résultats de ces études font apparaître qu’il existe des gestes appartenant aux trois catégories: innées, génétiques et acquis. La capacité de téter, dont font preuve dès leur naissance les petits primates, fait partie des gestes congénitaux ou génétiques.

Le chercheur allemand Eibl-Eibesfeild a découvert que les bébés nés sourds et aveugles sourient, hors de tout apprentissage ni mimétisme. Et dans une étude portant sur les expressions faciales d’individus issus de cultures très éloignées, Ekman, Friesen et Soreson défendent la théorie darwinienne des gestes innés, devant la découverte de mimiques semblables traduisent certaines émotions.

Il reste malgré tout de nombreux gestes pour lesquels on se demande encore s’ils sont le fruit de l’habitude (donc culturels) ou la génétique.

Lorsqu’un homme croise une femme à pied dans la rue, il se tourne en général vers elle, alors que dans la même situation, le corps de la femme se détourne instinctivement, pour protéger sa poitrine. Cette réaction est-elle génétiquement féminine, ou provient-elle d’une imitation inconsciente de l’attitude d’autres femmes?

Les signaux primitifs fondamentaux

La plupart des signaux de la communication élémentaire sont identiques dans le monde entier. Les gens sourient lorsqu’ils sont contents, ils froncent les sourcils ou se renfrognent sous l’effet de la colère ou de la tristesse. Le hochement de tête est presque partout un signe d’acquiescement ou d’affirmation, probablement inné, parce que les non-voyants l’utilisent.

Secouer la tête pour exprimer la négation est aussi un geste universel, qui semble acquis dès la petite enfance. Lorsqu’un bébé a suffisamment tété, il tourne la tête pour rejeter le sein de sa mère. Lorsque le petit enfant n’a plus faim, il secoue la tête pour empêcher la cuiller d’entrer dans sa bouche, et il apprend vite à utiliser ce geste pour signifier son refus.

Secouer la tête pour dire “non” est un signal qui doit son origine à la satiété du nourrisson.

Certains de nos gestes trouvent leur origine dans notre passé animal primitif. Le sourire qui découvre les dents et chez la plupart des carnivores un signal de menace, mais il est associé chez les primates à des gestes non menaçants qui traduisent la soumission.

Montrer les dents en dilatant les narines est un signal d’agression, hérité des primates. Les animaux utilisent cette expression pour avertir qu’ils sont prêts à se servir de leurs dents pour attaquer ou se défendre. On retrouve la même mimique chez les humains, qui pourtant ne se servent pas de leurs dents pour agresser leurs congénères. La dilatation des narines permet une meilleur oxygénation du corps avant le combat ou la fuite. Le primate y recourt pour demander du renfort à ses ensembles en cas de menace imminente. Chez les humains, elle traduit l’irritation, la colère, la réaction à une agression physique ou émotionnelle ou l’impression qu’il se passe quelque chose d’anormal.

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Les gestes universels

Les haussements d’épaules constitue lui aussi un bon exemple de geste universel, signifiant que l’on ne sait pas ou que l’on ne comprend pas ce dont l’autre est en train de parler. Il s’agit d’une posture complexe, qui met en oeuvre trois mouvements: l’ouverture des paumes de la main, montrant qu’on n’y cache rien, le relèvement des épaules pour protéger la gorge de toute agression, et celui des sourcils, un signal universel de soumission.

Comme le langage verbal, certain signaux corporels diffèrent d’une culture à l’autre. Un geste courant dans telle ou telle civilisation peut ne rien signifier ou exprimer tout autre chose dans telle autre.

Pourquoi les gestes des enfants sont-ils plus faciles à décoder?

Le tonus musculaire du visage se relâche avec l’age, et les expressions faciales des enfants sont plus faciles à interpréter que celles des personnes âgées. De même, la rapidité et l’évidence de certains gestes s’estompent avec l’age. Un enfant de cinq ans qui dit un mensonge a de grandes chances de se couvrir immédiatement la bouche d’une ou deux mains, un signal facile à décoder pour ses parents.

Le sujet pourra recourir à ce geste pendant toute sa vie, mais il sera en général de moins en moins rapide. L’adolescent qui ment utilisera un geste moins évident, comme celui de se caresser la bouche d’un doigt.

Le réflexe qui consiste à se couvrir la bouche évolue encore avec l’age. Quand un adulte ment, tout se passe comme si son cerveau ordonnait à sa main de se poser sur sa bouche, pour tenter de bloquer les mots trompeurs qui vont en sortir, comme il le faisait quand il était enfant. Mais au dernier moment, le geste est dévié vers le nez. On peut dire qu’il s’agit là d’une version plus mûre du geste enfantin.

En vieillissant, nos gestes se font plus subtils et il est moins évident de décoder ceux d’un quinquagénaire que ceux d’un enfant.

Ce ne sont la que des exemples, détecter le mensonge et bien plus compliqué que ça, il ne suffit pas d’observer quelqu’un se toucher la bouche ou le nez pour en conclure qu’il ment.

Si la détection de mensonge vous intéresse j’ai écrit un article plutôt complet sur le sujet, cliquez ici.

Comment s’entraîner à décoder le langage corporel?

Consacrez chaque jour un quart d’heure à l’observation du langage corporel des gens qui vous entourent, et à l’analyse consciente de vos propres gestes. Choisissez pour cela un lieu public favorable aux rencontres et aux interactions.

Les gares et les aéroports sont des lieux particulièrement adaptés à cet exercice, car ils donnent à voir un échantillonnage varié de gestes humains, où les passagers et leurs accompagnateurs laissent libre cours à un large éventail d’émotions: la joie, l’excitation, l’impatience, l’énervement, la déception, la tristesse… et bien d’autres encore. Les réceptions mondaines et les congrès professionnels sont aussi d’excellentes scènes de théâtre pour les expressions du langage corporel.

Lorsque vous y aurez acquis une certaine compétence, vous ne vous ennuierez plus dans les soirées: il vous suffira de vous asseoir dans un coin bien placé pour assister au spectacle des rituels du non-verbal et passer ainsi une soirée très amusante.

En matière de décryptage des gestes, nous sommes aujourd’hui beaucoup moins compétents que nos ancêtres, parce que nous sommes distraits par le langage parlé.

La télévision représente, elle aussi, un lieu privilégié pour exercer vos compétences de décodeur. Il suffit de couper le son et d’essayer de décoder ce qui se passe sur l’écran. Vous le rétablirez de temps à autre, pour vérifier ou réorienter votre interprétation, et vous serez capable de suivre une émission complète en images muettes, comme le font les malentendants.

Le décryptage du langage corporel d’autrui vous aidera à détecter leurs tentatives de domination ou de manipulation, mais il vous apprendra également à prendre conscience qu’eux aussi étudient vos gestes. Surtout, il vous rendra plus sensible aux sentiments et aux émotions d’autrui.

Une nouvelle science sociale est entrain de voir le jour, celle de l’étude du langage corporelle. Comme l’ornithologue amateur qui se passionne pour le comportement des oiseaux, le spécialiste du non verbal se délecte de l’observation des signaux corporels de ses semblables. Il les scrute lors des interactions de la vie sociale, au bureau, dans les magasins, dans les transport en commun, à la plage, à la télévision, partout où les humains se rencontrent.

Il se considère comme un étudiant en comportement humain. Le fruit de ses recherches lui procure de plus une meilleure compréhension de lui-même et la capacité d’améliorer ses relations avec autrui.

En complément de cet article je vous invite à vous procurer le bonus offert que je propose à mes lecteurs. Vous pouvez également partager cet article si il vous a plu et me suivre sur les réseaux sociaux.

A bientôt.

 

 

 

 

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