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Mentir: Les différents types de mensonge et comment les reconnaitre

Mentir: Les différents types de mensonge et comment les reconnaitre

Il nous est déjà tous arrivé de mentir pour des raisons diverses et variées, mais vous êtes vous déjà demandé quels sont les différents types de mensonges et comment les reconnaître?

Et bien c’est ce que je vais essayer de vous expliquer au mieux dans cet article.

Mais regardons avant toutes choses, ce qui peut pousser une personne à mentir.

Les différentes raisons pouvant pousser une personne à mentir

Il y a de multiples raisons pouvant pousser une personne à mentir, mais j’en ai retenu 9 qui reviennent souvent.

– Une personne peut mentir pour éviter d’être sanctionné. C’est le mobile le plus fréquemment mentionné par les enfants ou les adultes. Il peut s’agir du châtiment d’une méfait ou d’une erreur involontaire.

– Une personne peut mentir pour obtenir une récompense impossible à obtenir autrement.

– Une personne peut mentir pour protéger quelqu’un d’un châtiment.

– Une personne peut mentir pour se protéger d’une menace physique. La menace est différente du châtiment, car elle n’est pas la punition d’un méfait. Un exemple de ce mobile serait l’enfant qui dit à un inconnu frappant chez lui que son père dort et qu’il faut revenir plus tard.

– Une personne peut mentir pour gagner l’admiration d’autrui.

– Une personne peut mentir pour échapper à une situation sociale gênante. Par exemple, invoquer des problèmes de baby-sitter pour pouvoir quitter une soirée ennuyeuse ou mettre fin à une conversation téléphonique en prétextant que quelqu’un sonne à la porte.

– Une personne peut mentir pour éviter un gêne. L’enfant qui prétend que ses sous-vêtement son mouillé car il a renversé de l’eau et non parce qu’il s’est oublié en est un exemple, si l’enfant ne redoute pas le châtiment mais seulement la gêne.

– Une personne peut mentir pour garder une certaine intimité, sans faire de mise en garde préalable de l’intention de conserver certaines informations comme privées.

– Une personne peut mentir pour exercer un pouvoir sur autrui en contrôlant l’information dont bénéficie la cible.

Les deux principales manières de mentir

Pour commencer, vous devez savoir qu’il existe deux manières primaires de mentir, dissimuler et feindre:

– En dissimulant, le menteur garde pour lui une certaine quantité d’information sans pour autant dire quoi que ce soit de faux.

– En feignant, une étape supplémentaire est franchie. Non seulement le menteur garde des informations vraies, mais il fait semblant et présente comme vraies des informations fausses.

Souvent, il est nécessaire de combiner dissimulation et feinte pour opérer la tromperie, mais parfois un menteur peut réussir à mentir en se limitant à la dissimulation.

Tout le monde ne considère pas la dissimulation comme du mensonge: certains réservent ce mot uniquement pour l’acte plus audacieux de feinte. Si le médecin ne dit pas à son patient qu’il souffre d’une maladie au stade terminal, si le mari ne dit pas qu’il a passé sa pause déjeuner dans un hôtel avec sa maîtresse, si le policier ne dit pas au suspect qu’un micro caché capte sa conversation avec son avocat, aucune information fausse n’a été transmise, pourtant chacun de ces exemples entre dans la définition du mensonge.

Les cibles n’ont pas demandé à être trompées et les dissimulateurs ont agi délibérément sans prévenir de leur intention de tromper. L’information a été cachée sciemment, avec intention, pas par accident. Il y a des exceptions, des occasions où dissimuler n’est pas mentir parce que l’individu a prévenu de son intention ou obtenu le consentement de l’autre.

Si le mari et l’épouse accepte d’avoir une relation ouverte où chacun gardera pour soi ses liaisons si l’autre ne pose pas de question, dissimuler ce qu’il c’est passé à l’hôtel ne sera pas un mensonge.

Si le patient demande au médecin de ne rien lui dire si le pronostic est mauvais, dissimuler l’information n’est pas un mensonge.

Quand ils ont le choix concernant la manière de mentir, les menteurs préfèrent généralement la dissimulation à la feinte, car cela présente de nombreux avantages.

Premièrement, dissimuler est généralement plus facile que feindre. Rien n’a besoin d’être inventé. Il n’y a aucun risque d’être démasqué si l’on a pas échafaudé toute une version à l’avance.

Si un médecin donne une fausse explication aux symptômes d’un patient afin de dissimuler la gravité de sa maladie, il devra se rappeler de sa version fausse afin de rester cohérent si on l’interroge à nouveau quelques jours plus tard.

La dissimulation peut également être préférée parce qu’elle parait moins répréhensible que la feinte. Elle est passive et non active. Même si la cible peut tout autant en pâtir, le menteur se sent moins coupable de dissimuler que de feindre.

Le menteur peut entretenir en lui la pensée rassurante que la cible connait la vérité mais ne veut la voir en face. Un menteur de ce type peut se dire: “Ma conjointe doit savoir que je la trompe, parce qu’elle ne me demande jamais où je passe mes après-midi. Je suis discret par gentillesse envers elle. Je ne lui mens certainement pas sur ce que je fais. Je choisis de ne pas l’humilier, de ne pas la forcer à reconnaître le fait accompli.”

Le mensonge par dissimulation est également plus facile à couvrir s’il est percé à jour. Les excuses disponibles sont nombreuses: ignorance, intention d’en parler plus tard, défaut de mémoire, etc.

L’individu qui témoigne sous serment et dit “autant que je me souvienne” se ménage une issue de secours si on le confronte plus tard à quelque chose qu’il a dissimulé.

Le menteur qui prétend ne pas se rappeler alors qu’il se souvient et dissimule délibérément est d’un type intermédiaire entre dissimulation et feinte.

Cela se produit quand le menteur ne peut tout bonnement plus se taire: une question a été posée, un défi lancé. En feignant seulement l’impossibilité de se souvenir, le menteur évite d’avoir à se rappeler une version fausse: il a juste besoin de se rappeler avoir prétendu que sa mémoire était mauvaise. Et, si la vérité se fait jour plus tard, le menteur peut toujours arguer ne pas avoir menti mais avoir simplement eu des problèmes de mémoires.

Mais un défaut de mémoire est crédible seulement dans des circonstances limitées. Le médecin à qui l’on demande si les analyses sont négatives ne peut pas prétendre ne pas se rappeler, pas plus qu’un policier auquel un suspect demande si la pièce est sur écoute. Une perte de mémoire ne peut être prétextée que pour des questions mineures, ou quelque chose qui s’est produit il y a longtemps. Même le passage du temps peut ne pas justifier l’impossibilité de se rappeler des événements exceptionnels dont n’importe qui devrait se souvenir quoi qu’il arrive.

Un menteur ne peut plus choisir entre dissimulation ou feinte une fois que sa victime le questionne. Si l’épouse demande au mari pourquoi il était injoignable à l’heure du déjeuner, le mari doit feindre pour garder sa liaison secrète. On peut arguer que même la question banale, “Qu’as-tu fait de ta journée?”, est une demande d’information, mais qu’elle peut être esquivée.

Le mari peut mentionner d’autres incidents dissimulant son escapade, sauf si une question directe le force à choisir entre feinte et aveu de la vérité.

Certains mensonges exigent dès le départ la feinte, car la dissimulation seule ne suffit pas. Par exemple, mentir sur son expérience pour obtenir une embauche ne peut être fait par simple dissimulation: non seulement l’inexpérience doit être dissimulée, mais un cursus pertinent doit être inventé. S’échapper d’une soirée ennuyeuse sans offenser l’hôte exige non seulement de dissimuler son envie de rentrer chez soi, mais aussi d’inventer une excuse acceptable, un rendez-vous de bonne heure le lendemain, des problèmes de baby-sitter, etc…

La feinte survient également, même si le mensonge ne l’exige pas directement, pour aider le menteur à couvrir la preuve de ce qu’il dissimule. L’usage de la feinte pour masquer ce que l’on dissimule est particulièrement nécessaire quand il s’agit d’émotions.

Il est facile de dissimuler une émotion que l’on éprouve plus, mais beaucoup plus difficile si elle est éprouvée sur l’instant et surtout avec une grande intensité. La terreur est plus difficile à dissimuler que l’inquiétude, tout comme la fureur par rapport à l’agacement.

Plus l’émotion est intense, plus il est probable qu’un signe plus ou moins visible va fuiter, malgré tous les efforts du menteur pour la dissimuler. Endosser une autre émotion, une que l’on éprouve pas, peut permettre de déguiser l’émotion réellement éprouvée que l’on cherche à dissimuler. Feindre une émotion peut couvrir la fuite d’une émotion dissimulé.

Prenons un exemple pour illustrer ce point là:

Une femme est surprise par son mari, quand elle est entrain de parler au téléphone avec son amant. Cette femme avait pu jusqu’à maintenant dissimuler sa liaison sans avoir à feindre, mais à présent, interrogé directement par son mari, elle doit le faire.

Alors que l’objectif de son mensonge a été de tenir son époux dans l’ignorance de la liaison, cet exemple montre également combien les émotions peuvent facilement s’impliquer dans un mensonge et comment, une fois impliquées, elles augmentent le poids de ce qui doit être dissimulé.

Ici, son mari l’effraie en la surprenant à la toute fin d’une conversation téléphonique avec son amant, alors qu’elle pensait qu’il était dans le jardin.

En sortant de sa chambre, il lui demande: Qui était-ce? elle lui répond en paniquant, que c’est une dame du club de dance qui lui demandait si elle allait venir demain.

La panique en soi n’est pas la preuve d’un mensonge, mais cela va rendre son mari soupçonneux s’il la remarque, car il pensera que sa femme ne paniquerait pas si elle n’avait rien à cacher. Alors que les individus parfaitement innocents peuvent prendre peur quand ils sont interrogés, les interrogateurs n’y accordent généralement pas d’attention.

La femme est donc en position difficile, car n’ayant pas prévu la nécessité de feindre, elle n’a pas préparé sa réplique. Prise de court dans cette situation délicate, elle panique d’être découverte, et comme cette agitation est difficile à dissimuler, cela augmente le risque que son mari la confronte.

Etant donné qu’elle ne va probablement pas pouvoir la dissimuler, le stratagème qu’elle pourrait employer pour ne pas mentir sur ce qu’elle ressent consisterait à mentir sur la cause de son émotion. Elle pourrait avouer qu’elle est paniquée, prétendre qu’elle éprouve cela parce qu’elle craint que son mari ne la croie pas, et non parce qu’elle à quelque chose à cacher.

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Cela a peut de chance de réussir, sauf si il est souvent arrivé par le passé que son mari ne la croie pas et que chaque fois la suite des événements ait prouvé son innocence, si bien que mentionner à présent qu’il a l’habitude de l’accuser sans raison peut le décourager de creuser davantage cette fois-ci.

La femme ne réussira probablement pas si elle essaie de rester calme et imperturbable. Quand les mains commencent à trembler, il est beaucoup plus facile de les occuper (les serrer ou les joindre) que de les laisser immobiles. Quand les lèvres se contractent ou s’étirent et que les paupières et les sourcils se haussent de peur, il est très difficile de garder le visage immobile.

Ces expressions sont mieux dissimulées si l’on ajoute des mouvements musculaires supplémentaires (serrer les dents, les lèvres, froncer les sourcils, etc…).

La meilleure manière de dissimuler des émotions intenses est le masque.

Se couvrir le visage entièrement ou en partie de la main, ou en se détournant de son interlocuteur peut se faire facilement sans trahir le mensonge. Le meilleur masque est une émotion feinte. Non seulement elle détourne les soupçons ailleurs, mais c’est le meilleur camouflage. Il est extrêmement difficile de garder un visage impassible ou des mains inertes quand on éprouve une émotion intense.

Avoir l’air sans émotions, calme et neutre est l’apparence la plus difficile à maintenir. Il est beaucoup plus facile de prendre une pose, d’arrêter ou d’en contrer une par une autre série d’actions ou de gestes.

Pour reprendre l’exemple de la femme et de son mari, imaginons que ce dernier dise à son épouse qu’il ne l’a croit pas. On peut alors présumer que que la panique de celle-ci va augmenter et être d’autant plus difficile à dissimuler. Elle pourrait, pour la masquer, tenter de recourir à la colère, la stupéfaction ou la surprise.

Elle pourrait s’insurger que son mari ne la croie pas, lui reprocher de l’épier. Elle pourrait même faire semblant d’être stupéfaite qu’il ne la croie pas, surprise qu’il écoute ses conversations.

Toutes les situations ne permettent pas au menteur de masquer l’émotion qu’il ressent. Certains mensonges exigent de dissimuler les émotions sans feindre, ce qui est beaucoup plus difficile.

Un bon exemple de cela est le poker, car ici le masque ne peut pas être utilisé pour dissimuler les émotions. Quand un joueur s’enthousiasme à la perspective de remporter le tapis grâce à l’excellente main qu’il a tirée, il doit dissimuler tout indice de son excitation pour que les autres joueurs ne se couchent pas.

La masquer avec une autre émotion sera dangereux. S’il recourt à une expression déçue ou irritée, les autres penseront qu’il a une mauvaise main et s’attendront à ce qu’il se couche, pas qu’il continue. Il doit avoir un visage impassible. S’il décide de dissimuler sa déception ou son irritation en bluffant, en essayant de forcer les autres à se coucher, il a la possibilité d’utiliser un masque.

En feignant la joie ou l’excitation, il peut dissimuler sa déception et faire croire qu’il tient une bonne main. Il ne sera pas crédible vis-à-vis des autres joueurs, sauf s’ils le considèrent comme un novice. Un joueur de poker expérimenté est censé ne montrer aucune émotion concernant sa main.

Toute émotion peut être feinte pour contribuer à en dissimuler une tout autre. Le sourire est le masque le plus fréquemment employé.

Il sert d’opposé à toutes les émotions négatives (peur, colère, tristesse, dégoût). L’employé déçu doit sourire s’il veut que son patron pense qu’il n’est pas vexé ni fâché de ne pas avoir reçu de promotion. L’amie cruelle doit se présenter comme bien intentionnée quand elle énonce une critique tranchante assortie d’un sourire plein de sollicitude.

Une autre raison à l’utilisation fréquente du sourire comme masque est qu’il fait partie du rituel ordinaire de salutation et qu’il est requis dans la plupart des échanges polis.

Si un individu se sent mal, il ne doit pas le montrer ni le reconnaître durant un échange de courtoisies. Au lieu de cela, l’individu malheureux est censé dissimuler toute émotion négative et arborer un sourire courtois qui accompagne le “Très bien, merci, et vous?”  en réponse au “Comment allez-vous?”. Les véritables émotions resteront probablement indécelables, pas parce que le sourire est un excellent masque, mais parce que dans les échanges de politesses, il est rare que les gens s’intéressent vraiment à l’humeur de leur interlocuteur.

Tout ce qui est attendu, c’est un semblant d’amabilité et de politesse. Les interlocuteurs scrutent rarement avec attention de tels sourires. Les gens ont l’habitude de ne pas en tenir compte dans ces contextes. On pourrait arguer qu’il est faux de considérer cela comme des mensonges, puisque les règles implicites de la politesse veulent qu’il ne soit jamais fait état des émotions véritablement ressenties.

Il y a cependant une autre raison encore à l’utilisation courante du sourire comme masque: c’est l’expression faciale la plus facile à faire volontairement. Bien avant l’âge de 1 ans, les enfants peuvent sourire volontairement. C’est l’une des toutes premières expressions utilisées par l’enfant de manière délibérée pour faire plaisir à autrui.

Tout au long de la vie, des sourires sociaux présentent faussement des émotions non ressenties, mais requises ou utiles à montrer. Des erreurs peuvent être faites dans le déclenchement de tels sourires, trop rapides, trop lents, se produisant trop tôt ou trop longtemps, après le mot ou la phrase qu’ils devraient accompagner. Mais les mouvements du sourire en eux-mêmes sont faciles à accomplir, ce qui n’est pas le cas pour l’expression de toutes les autres émotions.

Pour la majorité des gens, les émotions négatives sont plus difficiles à feindre, car ils ne savent pas bouger volontairement les muscles spécifiques nécessaires pour feindre détresse ou peur de manière réaliste. Si le mensonge exige de feindre une émotion négative plutôt qu’un sourire, le menteur peut avoir des difficultés. Mais bien sûr, il y a toujours des exceptions, certaines personnes y arrivent très bien.

Les autres façons de mentir

Il existe de nombreuses autres manières de mentir en plus de la dissimulation et de la feinte. J’en ai déjà suggéré une en évoquant ce que la femme (dans l’exemple vu plus haut) pourrait faire pour entretenir sa tromperie malgré sa panique quand son mari la surprend.

Au lieu de tenter de dissimuler sa panique, ce qui est difficile, elle pourrait reconnaître son émotion, mais mentir sur sa cause. Il s’agit d’une diversion. Ainsi, elle pourrait prétendre être parfaitement innocente et avoir paniqué parce qu’elle craint que son mari ne la croie pas.

Une autre technique apparentée au mensonge consiste à dire la vérité avec une exagération appuyée afin que la victime ne la croie pas. Cela consiste à dire la vérité faussement. Quand le mari demande à sa femme à qui elle parle au téléphone, elle pourrait répondre: “Oh, le parlais à mon amant, il m’appelle toutes les cinq minutes. Comme je couche avec lui trois fois par jour, nous devons nous contacter régulièrement pour nous organiser!” Exagérer la vérité ridicule le mari, ce qui ne lui permet plus de creuser davantage ses soupçons. Une intonation ou une expression moqueuse remplisse la même fonction.

Un autre type de mensonge assez proche de la vérité énoncée faussement est la demi-dissimulation. La vérité est dite, mais seulement en partie. Le sous-entendu, la dissimulation du détail crucial, permet au menteur de maintenir sa tromperie tout en ne disant rien de faux.

Reprenons l’exemple du mari et de la femme, et imaginons que peut après l’incident, le mari rejoint sa femme dans le lit pour se coucher et en se blottissant contre elle, lui demande qui elle aime.

Ce à quoi elle répond “Je t’aime, et j’aime aussi tous les oiseaux sur cet arbre, et tous les chiens de la ville, sauf ceux qui renversent nos poubelles. Et aussi les secouristes de la plage et les policiers de la ville, ainsi que tous nos amis.

La femme a dit la vérité mais de manière dissimuler, car son amant pourrait très bien faire partit des personnes énoncées.

Le secret

Il y a également le secret, qui peut être défini comme une dissimulation intentionnelle. Cela est un peu confus car c’est la mise en garde qui est la clé pour faire la distinction entre le secret ou le mensonge par dissimulation.

Le terme “secret” est adapté à une situation dans laquelle l’intention de ne pas révéler une information est annoncée. En qualifiant quelque chose de secret, nous établissons notre droit de ne pas révéler et de garder une certaine intimité.

Les secrets peuvent appartenir à un seul individu, ou bien plusieurs peuvent conserver une information qu’ils considèrent secrète vis-à-vis d’autrui. Par exemple, si vous demandez à un jeune adolescent si il a une petite amie, il peut légitimement vous répondre que “c’est un secret”.

Si il a effectivement une petite amie, il vous l’aura donc dissimulé, mais comme le fait est reconnu, il est qualifié de secret. Imaginons que vous ne lui aviez pas posé la question, mais qu’il sache que vous vous en souciez d’après d’autres conversations.

Si il a une petite amie et qu’il ne vous le dit pas, il s’engage dans une dissimulation, mais ce n’est pas un secret, parce qu’il n’a pas formulé son droit à dissimuler la vérité, et ce n’est pas un mensonge parce qu’il n’a pas reconnu qu’il y a une obligation à vous informer de ses affaires de cœur.

L’incapacité de se rappeller

L’incapacité de se rappeler n’est pas un mensonge, même si les menteurs invoquent souvent cette excuse quand ils sont démasqués. Il n’est pas rare d’oublier des actes que l’on regrette, mais si l’oubli est réellement survenu, nous ne devons pas considérer cela comme un mensonge, car il n’y a pas de choix délibéré. Souvent, il sera impossible de déterminer si la perte de mémoire s’est réellement produite ou si cette excuse est elle-même un mensonge.

Si un individu fournit un récit erroné de ce qui s’est réellement produit, cela ne signifie pas qu’il avait l’intention d’induire en erreur, et s’il n’y a pas d’intention délibérée, une déclaration erronée ne peut pas être considérée comme un mensonge. En quoi cela importe-il? Et bien il ne s’agit pas simplement d’une question de sémantique ou de définition.

Si l’individu ne ment pas, s’il ne croit pas qu’il s’engage dans une tromperie en prononçant ces paroles, on peut alors s’attendre à ce que son comportement soit celui d’un individu sincère. Il ne devrait pas y avoir d’indices comportementaux qui signalent que le récit n’est pas vrai si l’individu qui le fournit ne pense pas mentir au moment où il parle.

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Il y a de nombreuses manières par lesquelles un individu peut fournir une information erronée qu’il croit être vraie. Les gens interprètent en effet mal les événements, surtout la signification des actes de l’autre et les raisons pour lesquelles il agit de telle ou telle manière.

Le fait que l’individu interprète les choses d’une manière qui lui donne le beau rôle, qui lui permet d’entreprendre des actions qu’il désire, ne signifie pas qu’il s’agit plus d’un mensonge que d’une interprétation erroné. Et on ne peut pas considérer nécessairement cela non plus comme un exemple d’auto-illusion. Une compréhension ou une interprétation erronées ne sont pas toujours une auto-illusion.

Prenons par exemple le cas d’un individu accusé de viol qui déclare que sa victime était consentante. Même si les violeurs qui savent que leur victime n’était pas du tout consentante invoquent souvent cette excuse et mentent pour échapper à leur châtiment, cette déclaration en elle-même ne nous indique pas qu’elle est fausse. Même si c’est improbable, elle peut se concevoir comme vraie.

Imaginons que c’était un viol dans le cadre d’un rendez-vous amoureux. La victime était timide ou très effrayée, a protesté seulement une fois, et plutôt faiblement, puis n’a plus opposé de résistance. Un violeur peu mal interpréter les protestations initiales, puis considérer l’absence de protestations et la passivité qui s’ensuivent comme un consentement.

Le violeur serait-il victime d’auto-illusion? Je pense que non, sauf si il est certain qu’il n’avait aucune conscience que cette mauvaise interprétation du comportement de sa victime était motivée par la volonté de combler son désir. Un viol a-t-il eu lieu? Je pense que oui, bien que le violeur ne le pense pas et puisse dire sa propre vérité en déclarant que sa victime était implicitement consentante.

Et l’une des raisons pour lesquelles un individu qui fait une telle déclaration peut apparaître crédible dans son comportement est qu’il croit à son discours et ne pense pas qu’il ment.

Bien sûr, ce n’est pas la seul raison pour laquelle un individu peut paraître crédible. Les “acteurs-nés” ont la capacité de devenir le rôle qu’ils jouent, de croire presque instantanément pendant un certain temps tout ce qu’ils disent, et comme ils croient dire la vérité, leur comportement est totalement crédible.

L’interprétation erronée n’est pas la seule manière dont un individu peut croire que ses propos sont vrais.

Un individu peut savoir au départ qu’il ment, puis se mettre à croire à son mensonge à mesure que le temps passe. Une fois que qu’il croit que son mensonge est un récit fidèle de ce qui s’est passé, il peut paraître sincère.

Prenons l’exemple d’un homme accusé d’attouchements sur un enfant. Il peut d’abord déclarer qu’il ne faisait que le câliner, qu’aucun de ses gestes n’était déplacé. Même s’il sait au départ qu’il ment, il peut, à force de répétions de son récit, maintenir dans sa conscience à la fois le souvenir de l’événement exact (les attouchements) et la croyance artificielle (des câlins).

Ou bien, le souvenir exact peut avec le temps devenir moins accessible que la croyance artificielle, voir plus du tout accessible.

Voyons maintenant le cas d’une enfant qui ment délibérément en prétendant qu’un professeur a abusé d’elle en sachant que ce n’est pas arrivé. Supposons que l’enfant menteuse est seulement motivée par le désir de punir le professeur qui l’a humilié devant la classe parce qu’elle avait eu une mauvaise note.

Si l’enfant se sent légitimement le droit de se venger, elle peut avoir le raisonnement suivant: c’est le genre de professeur qui aurait pu abuser d’elle, qui aurait probablement déjà abusé d’autres enfants, etc…

Je pense qu’il n’est pas possible d’écarter la possibilité qu’avec le temps l’enfant finisse par croire que le professeur a abusé d’elle.

Ces exemples sont troublants parce que nous ignorons à quelle fréquence ils peuvent se produire. Pas plus que nous ne savons si les enfants sont plus susceptibles que des adultes de croire que ce qui est faux est vrai, ni qu’il existe des caractéristiques de personnalité spécifiques associées à ce phénomène.

Il n’y a pour le moment aucun moyen infaillible de déterminer si un souvenir est vrai, ou partiellement ou totalement construit.

Fuites et indices de tromperie

N’importe lequel de ces mensonges peut être trahi par un détail du comportement du menteur. Il existe deux types d’indice de tromperie: une erreur peut révéler la vérité ou simplement suggérer que ce qui est dit ou montré est faux sans révéler la vérité.

Quand un menteur révèle la vérité par mégarde, on peut nommer cela une fuite. Lorsque son comportement laisse à penser qu’il ment sans révéler la vérité, on peut appeler cela un indice de tromperie.

Si un médecin remarque que son patient se tord les mains en lui disant qu’il va bien, il s’agit d’un indice de tromperie, une raison de soupçonnait qu’il ment. Il ne sait pas ce que son patient éprouve réellement (il en veut peut être à l’hôpital, à lui-même, ou bien il redoute l’avenir) sauf si le médecin obtient une fuite.

Une expression faciale, l’intonation, un lapsus verbal ou certains gestes peuvent trahir ses véritables sentiments. Un indice de tromperie permet de déterminer si une personne ment ou non, mais sans révéler ce qui est dissimulé. Seule une fuite le permet. Souvent, cela n’a pas d’importance. Quand il importe de savoir davantage si un individu ment que ce qu’il dissimule, un indice de tromperie suffit. La fuite n’est pas nécessaire.

L’information dissimulée peut être devinée ou n’a pas d’intérêt. Si l’employeur perçoit grâce à un indice de tromperie que tel candidat ment, cela peut suffire et il n’a pas besoin de savoir ce qui a été dissimulé pour décider de ne pas engager un candidat qui ment.

Mais ce n’est pas toujours suffisant. Il est parfois important de savoir exactement ce qui est dissimulé. Découvrir qu’un employé en qui l’on a confiance détourne de l’argent peut ne pas suffire. Un indice de tromperie peut indiquer que l’employé a menti; cela peut avoir conduit à une confrontation et un aveu. Pourtant, même si la question est réglée, l’employé licencié et les poursuites engagées, l’employeur cherche toujours une fuite.

Il peut vouloir savoir comment l’employé s’y est pris et ce qu’il a fait de l’argent détourné.

Parfois, la fuite ne fournit qu’une partie de l’information désirée par la victime, trahissant davantage qu’un indice de tromperie, mais pas la totalité de ce qui est dissimulé.

Reprenons encore une fois à l’exemple du mari et de la femme. Quand cette dernière panique, ne sachant pas exactement ce que son mari a entendu de sa conversation téléphonique avec son amant. Quand son mari la questionne, elle peut avoir un comportement qui trahit sa panique (un tremblement des lèvres, ou une paupière écarquillée, par exemple).

Etant donné le contexte, un tel indice de panique implique que sa femme ment peut être. Sinon, pourquoi la question l’inquiéterait-elle? Mais un tel indice de tromperie ne peut informer son mari de la teneur de son mensonge, ni de l’identité de son interlocuteur.

Le mari obtient en partie ces renseignements grâce à une fuite dans la voix de sa femme. Il lui explique pourquoi il ne croit pas à son explication:

– “C’est le ton que tu as pris.

– Vraiment? Comment ça?

–  C’était différent, dit-il. Plus chaleureux. C’était une voix de femme.

– Mais je suis une femme dit-elle.

– Oui, mais quand tu me parles, continue t-il, tu prends une voix de petite fille.”

La voix qu’elle prend est adaptée pour parler non pas à une dame du club de dance, mais à un amant. La fuite indique que la tromperie concerne probablement une liaison, mais elle ne lui donne pas la totalité de l’information.

Son mari ne sait pas s’il s’agit d’une liaison qui commence ou qui se poursuit; il ignore l’identité de l’amant. Mais il en sait plus qu’avec un simple indice de tromperie qui lui aurait seulement indiqué que sa femme ment.

Ce que vous devez retenir sur le fait de mentir

On peut définir le mensonge comme étant une décision délibérée de tromper une cible sans mise en garde préalable de cette intention.

Et comme nous l’avons vu, il existe deux formes principales de mensonge:

– La dissimulation, qui laisse de coté des informations vraies.

– La feinte, qui présente des informations fausses comme si elles étaient vraies.

Les autres manières de mentir comprennent:

– La diversion, qui consiste à reconnaître une émotion en mentant sur sa cause réelle.

– Énoncer une vérité faussement, ou avouer la vérité avec une telle exagération ou un tel humour que la cible demeure sous-informée ou trompée.

– La semi-dissimulation, qui consiste à avouer seulement une partie de la vérité, afin de détourner l’intérêt de la cible sur ce qui reste dissimulé

Il existe ensuite deux sortes d’indices de tromperie:

– La fuite, quand le menteur révèle par mégarde la vérité.

– L’indice de tromperie proprement dit, quand le comportement du menteur révèle seulement que ses propos sont faux.

Fuite et indices de tromperie sont des erreurs. Mais des erreurs ne se produisent pas toujours, car les mensonges n’échouent pas systématiquement…

Mais ce sera le sujet d’un autre article.

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